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Ar vro vigoudenn, Pont-L'Abbé |
Larmor-Plage |
Rostrenen |
Ar vro vigoudenn, Pont-L'Abbé |
Ar vro vigoudenn, Pont-L'Abbé |
Ar vro vigoudenn, Pont-L'Abbé |
Cercle de Spézet |
Ar vro vigoudenn, Pont-L'Abbé |
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Rostrenen |
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Pont-L'Abbé |
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Spézet |
Spézet |
Dans ce pays breton, les costumes sont des pensées. Un maître maçon porte son grand chapeau, qui a presque le même âge que lui, comme il porte son visage. Et la coiffe des femmes leur est aussi naturelle que les ailes aux libellules. Les baigneurs et baigneuses ne sont que des enfants aux jambes nues, qui n'ont plus ni métier ni fonction ; en cela ils sont naturels ; c'est le côté instable de l'espèce humaine ; la carapace est déposée ; elle attend au bord de la route ; c'est l'auto, étrange boîte à sardines, ornée d'une marque de fabrique ; et cela est laid comme une idée abandonnée ; telles sont bien les mécaniques. Et les animaux font honte aux mécaniques. Mais quel animal que l'homme vêtu ! Chacun connaît l'épervier égyptien, net, imperméable, dogmatique, fort. Mais il ne sait que lui ; c'est ne rien savoir. Vu du dehors, ce paysan, le long de son champ, est une sorte d'épervier farouche. Mais son costume n'est qu'un abri d'où le visage sort pour tout découvrir et tout juger. En cet animal politique, qui n'a guère plus changé que l'oiseau ou le poisson, c'est une étrange apparition que le visage ; ici la méditation, l'esprit, le chant. Le costume n'a rien gagné ; il borde le visage comme le rivage borde la mer ; et le visage encore est la bordure des yeux, des yeux libres comme l'eau. Cette lumière a soumis toutes les choses. Le costume est mieux gardé. J'y vois plus d'obstination ; car la coiffe n'est pas un outil ; la coiffe est un dogme. Parce que je suis né de ce côté de la rivière, je penserai ainsi et non autrement. Rempart contre les pensées. Comme l'épervier conserve sa propre forme, qui lui est vitale, ainsi l'homme conserve une pensée politique qui lui est vitale ; seulement il y a de l'arbitraire dans cette coque et dans ce ruban. Pourquoi ainsi ? Parce que c'est ainsi. Symbole de ces pensées qui étonnent toujours, mais qu'on aurait tort d'admirer. Pourquoi ainsi ? Parce que j'ai décrété de résister là. Il me plaît que ce soit assuré ; mais je me moque de ce qui est assuré. Je m'en moque ; entendez bien ; je ne veux pas qu'on dise que je m'en moque. Et, puisqu'il faut un bonnet, qu'il soit ainsi, et n'en parlons plus. On se trompe sur les dogmes en demandant pourquoi les hommes y sont attachés. Il faut un bonnet. Ceux qui délibèrent sur le costume y passent toute leur vie. Cela fait des pensées ridicules ; non moins ridicules que ces paradis et ces enfers gravement délibérés. La théologie est l'abri de l'homme contre la théologie, comme le chapeau breton est un abri contre les chapeaux. Si je crois à mon chapeau, voilà une plaisante question, dit ce visage. Et ce visage lui-même, composé il est, et surveillé, de toute prudence, et contre les intempéries ; car tout homme menace mon visage par le sien ; tout homme veut que je lui ressemble ; mais je vais au-devant ; je lui offre son portrait, c'est-à-dire une somme convenable d'approbation ; comme cette bouche cousue, siège de l'impénétrable concorde. Le oui y est aspiré et enfermé. Oui, j'approuve et je conviens ; mais quoi et de quoi ? C'est ce que vous ne saurez pas, ni moi. Si je crois mon visage ? Plaisante question ! Voilà ce que disent les yeux. Alain (Émile Chartier) Sentiments, passions et signes (1926) |
La « Penn Colvez » est aussi appelée communément « Corleden ». C'est le chaperon réduit à sa plus simple expression, de façon à dégager complètement la tête. Plus de grides, plus de bavolet, plus de bandeau. Le cou bien dégagé sort d'une jolie collerette de dentelle. Ce type est porté dans les deux cantons de Carhaix et du Huelgoat. Avec lui, nous rentrons dans la Bretagne verdoyante et gaie. Nous avons dit bien souvent que le « Hennin » était la coiffe de cérémonie dans une grande partie de la Bretagne, mais nulle part mieux qu'à Carhaix, il a gardé son cachet d'élégance. Nous nous souviendrons toujours de la fête dernière du Huelgoat à laquelle nous prîmes part. Au « Chaos », une transformation instantanée s'était opérée : tables de festins, danses de cavaliers et cavalières d'une élégance racique incomparable, avaient surgi tout à coup devant nous. Le mot d'ordre était donné par une belle fille du Huelgoat, hennin en tête et chapée dans son châle couleur de feuille morte. Nous avons cru voir Viviane la magicienne.
Maurice BIGOT, Les coiffes bretonnes, 1947 |
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